Nos écrans et nos fils d’actualité débordent de cœurs. Les publicités proposent des cadeaux parfaits et des phrases stéréotypées. Pourtant, la réalité est bien différente. La relation à notre mère est rarement un long fleuve tranquille. Elle est faite de tensions, d’agacements et de présence.
Depuis des années, les systèmes éducatifs, judiciaires culpabilisent la « Maman Poule ». C’est celle qu’on adore critiquer. Pourtant, on court vers elle au moindre problème. Pourquoi tant de jugements ? Quelle puissance ont finalement les mères pour qu’on la leur reproche tant ?
L’amour … qui étouffe
Cette relation est basée sur un amour inconditionnel qui parfois se pervertit. Il devient étouffant. La maman poule anticipe tout, surprotège. Elle le sait : elle projette souvent ses propres peurs, ses manques.. Pour l’enfant, même devenu grand, cela devient pesant. Il perçoit cela comme une entrave à sa propre liberté.
Qui n’a pas levé les yeux au ciel face à un conseil non sollicité ? On cherche alors à s’extraire de ce nid devenu trop étroit.
Ce savoir et ce réconfort irremplaçables
Et puis, la vie nous bouscule. Une rupture, une maladie ou un doute professionnel surviennent. Parfois, c’est juste une grosse fatigue. Subitement, cette présence « étouffante » devient un havre de paix.
On comprend alors la valeur de cette présence. Elle offre un véritable espace pour être soi, en totale vulnérabilité. La maman apaise avec un mot, un sourire ou un bisou. Elle offre un espace de sécurité unique.
Bien sûr, nous n’avons pas tous reçu ce niveau d’amour. Pourtant, c’est l’essence même de la mère. Elle existe avec toutes ses imperfections et ses maladresses.
Le grand miroir
La relation à la mère révèle un univers conflictuel. Il est inscrit en nous comme une invitation perpétuelle à choisir. Nous oscillons entre autonomie et soutien, présence et absence, savoir et apprentissage.
Un changement de rôle se met en place quand nos mamans vieillissent. On s’installe alors en dictateur d’un savoir plus moderne. La surveillance de la prise des médicament se met en place. On lui fait comprendre qu’elle ne pige plus grand-chose.
Tout d’un coup, on prend le contrôle. Elle devient à nos yeux un être fragile et vulnérable. La relation à la mère est un drôle de miroir.
Choisir
Et si on arrêtait d’entretenir ces univers conflictuels ? On pourrait choisir de les appréhender différemment. Et peut-être, en premier lieu, comme les étapes de la construction de soi.
Les études le démontrent : la confiance transmise par la mère construit notre solidité intérieure. Forts de cet équilibre, on peut tout recevoir de la maman poule et déployer nos ailes.
Je souhaite une bonne fête à toutes les mamans. Merci pour cette merveilleuse et complexe humanité qu’elles nous invitent à transcender.
Et si nous profitions de cette journée, période de fête des mères pour repenser notre relation, quels choix pourrions-nous poser ?